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Lautréamont et Derek Jarman furent, chacun pour son temps, chacun pour son champ, de grands lyriques, de ces artistes qui se demandent lequel, de l’océan ou du cœur humain, est le plus profond, ou qui repèrent, dans la teinte d’une fleur, l’histoire d’une société. Lyrique celui qui trouble ainsi, érotiquement, les échelles. Ce jeu précis, périlleux — car il faut écarter l’éloge inoffensif des petits riens comme le sérieux boursouflé des grandes envolées — ce jeu de renvois et de transformations, que demande-t-il au théâtre ? Sans doute d’être un lieu de visions. Une chambre d’échos secrets. Un espace concret, où vivre matériellement la douce ou violente transformation des apparences. Et un œil musicien, comme celui de Benjamin Lazar ou de Bruno Geslin.

mai 2021