Bashar Murkus et Khulood Basel revisitent un récit transmis oralement depuis le XIVe siècle, chanté et joué au fil du temps par mille poètes populaires, dans toute la péninsule arabique. L’épopée légendaire des Banu Hilal, dont il reste peu de traces, est souvent qualifiée d’Iliade arabe.
Les artistes du Collectif Zoukak ont perdu en 2012 — ça pourrait être hier — un des leurs, Ziad. Frère, ami, artiste engagé, il s’est noyé. La pièce remonte le temps, les guerres, les faux espoirs, les lieux, les larmes et les rires. Dans une scénographie originale, un travail sonore et vidéo délicat, où l’eau semble flouter la réalité, l’acteur et les actrices croisent leurs souvenirs intimes et collectifs, ceux avec et sans Ziad, ceux d’une ville et de ses quartiers disparus.
Il y a quelques années, Chrystèle Khodr, actrice, autrice, metteuse en scène vivant à Beyrouth, est tombée sur une archive relatant l’histoire d’Eva Stȧhl, une infirmière suédoise survivante du siège et des massacres du camp palestinien de Tel Al Zaatar, en 1976. Avec Nadim Deaibes, elle y revient aujourd’hui, dans la pénombre d’une actualité qu’on dirait inchangée, malgré ces kilomètres d’archives et de témoignages accumulés, enfouis sous la désinformation et l’impunité.
Sandra Calderan et sa compagne Rébecca Chaillon nous parlent d’elles, entre fiction et réalité, comme on dit. La gouine des champs, dissidente de l’hétérosexualité, vit en bonne intelligence avec son ex-compagnon et leurs enfants, ça va bien. La gouine des villes est parfois là, souvent ailleurs, elle est un peu dingue, mais ça va bien aussi.
Face aux diverses catastrophes, politiques et climatiques, aux discriminations en tous genres, la dernière création de Rébecca Chaillon nous invite, à sa façon féroce et drôle, à résister. Résister par les marges aux normes qui écrasent tout. Des marges où nous sommes nombreux·euses : pas assez comme ci, trop comme ça, racisé·e·s, précaires, gros·se·s, gays, lesbiennes… ou sans étiquette.
Sylvain Creuzevault s’empare ici du dernier roman explosif, inachevé et fragmentaire de Pasolini, écrit juste avant sa mort, publié longtemps après. Dans un magma d’informations et de notes virulentes, on y suit les déboires d’un homme tiraillé entre ses hautes fonctions publiques dans une société d’hydrocarbures, autrefois fasciste, et ses aspirations privées à une sexualité hors des normes.
Il y a quinze ans, Adrien Béal et Arthur Igual ont fabriqué, ensemble, leur première « écriture de plateau » : une pièce en grande partie improvisée chaque soir, intitulée Il est trop tôt pour prendre des décisions définitives. Sans aucune trace audio ou vidéo, qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Poursuivant sa recherche autour du temps, celui qui passe et qui se répète, le temps du monde et celui de la représentation, Adrien Béal a proposé à Arthur Igual de s’y remettre, des années après…
Il faut imaginer Bertolt Brecht en 1941, lorsqu’il écrit cette pièce, très vite, en fuite après l’incendie du Reichstag, en exil en Finlande, en transit vers les États-Unis. La forme et les mots lui manquent pour dire l’indicible. Il s’invente une langue et une trame, des tableaux et chroniques, comme un feuilleton moitié drame shakespearien, moitié nouveaux films de genre mafieux.
ven 8 janv à 18h, Répétition ouverte + rencontre apéro avec Robert Cantarella
pour toutes et tous
lun 11 janv de 19h à 21h30, Ateliers éphémères animé par Robert Cantarella
pour toutes et tous
jeu 14 janv, Lectures à la Médiathèque Émile Zola
pour toutes et tous
et encore
du 12 au 16 janv au Domaine d'O, Orlando d’après Virginia Woolf, mise en scène Katia Ferreira
Katia Ferreira s’empare avec passion et fulgurance du roman Orlando de Virginia Woolf, en gardant en tête la question : s’émanciper oui, mais est-ce que c’est possible ?
production : Magdalen Madchen, une coproduction du Théâtre des 13 vents
info et réservation : Cité européenne du théâtre – Domaine d’O Montpellier
Réunies le temps d’une même soirée, Grosse fugue, Duo d’Eden et Ça quand même tracent une constellation sensible dans l’univers de Maguy Marin. Trois courtes pièces comme trois souffles, qui déplacent l’air autour de nous.
Ici, le plateau fait monde. Ce monde tourne encore, c’est comme ça. Et il y a les gens, qui tournent avec ou qui le font tourner. Qui parlent et dansent comme convenu. Qui carburent à la nouveauté d’hier et à celle d’après. Comment dire non ? L’individuel quitte le groupe, s’embrouille dans la virtualité et se débrouille avec, il faut bien. Enfin, il ne faudrait pas, mais comment faire quand les systèmes et machineries diverses nous enferment et se reproduisent entre eux ?
Bérangère Vantusso, Nicolas Doutey, les acteurs et actrices de la Jeune troupe du Théâtre Olympia – CDN de Tours, nous convient à un drôle de défilé. Entre costumes et paravents, la pièce interroge le geste plus ou moins anodin de se vêtir chaque jour, comme-ci ou comme ça. Pour appartenir à un groupe, un genre, une fonction, un style, ou pour s’en démarquer. Mais aussi pour en jouer.
Bérangère Vantusso, Nicolas Doutey, les acteurs et actrices de la Jeune troupe du Théâtre Olympia – CDN de Tours, nous convient à un drôle de défilé. Entre costumes et paravents, la pièce interroge le geste plus ou moins anodin de se vêtir chaque jour, comme-ci ou comme ça. Pour appartenir à un groupe, un genre, une fonction, un style, ou pour s’en démarquer. Mais aussi pour en jouer.
Ici, sans la moindre technologie de pointe, avec quelques objets et astuces de jeu, deux grands garçons et une « intelligence artificielle » en chair et en os nous invitent dans l’espace intersidéral où ils sont manifestement coincés. Probablement en orbite. Ils nous racontent la conquête spatiale, ses espoirs et ses déboires, des origines de l’univers à nos jours, et assistent de loin à l’agonie de la planète. Comme si on y était.
Il peut arriver (pas longtemps) qu’on baisse les bras, qu’on se demande comment le théâtre peut bien encore résister ou enchanter librement. Alors on se met au travail et ça revient vite, presque à chaque fois. Ici, le théâtre est donc le personnage principal, celui qu’on fabrique ou celui qu’on va voir, en tant qu’art et en tant que lieu, qui bataille à sa façon avec le monde.
Alice et Sacha travaillent au plateau une nouvelle création. Ils se prennent joyeusement la tête et s’interrogent sur leur singularité, leur radicalité peut-être. Ils tombent sur un film documentant le travail des cinéastes inclassables Jean-Marie Straub et Danièle Huillet qu’ils ne connaissaient pas et que, finalement, pas grand monde ne connaît. Et alors ? Ils les incarnent et dialoguent avec eux.
La chorale amateur d’une petite ville tranquille et ordinaire a perdu son modeste chef de chœur. Pour le remplacer à la volée, les autorités invitent une cheffe mondialement connue aux ambitions ambiguës. Sous sa baguette, une galerie de personnages, aux parcours sociaux divers, apprennent l’air de rien, avec plus ou moins de bienveillance ou de résistance, les vertus obligées de la musique identitaire et des chants patriotiques glorieux…
lun 10 mai de 19h à 21h30, Atelier éphémère animé par Alice Vannier
pour toutes et tous
du 10 au 14 mai, Stage de jeu dirigé par Émilie Capliez
pour les professionnel·le·s
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La Création Étudiante
Venez découvrir la Création Étudiante… Ça se passe sous les arbres, sur le plancher d’été à Grammont.
La Création Étudiante
La Vie de Galilée
de Bertolt Brecht
mise en scène : Marie Payen
assistanat à la mise en scène : Isabelle Antoine
avec 15 étudiant·e·s des écoles et universités de Montpellier (jeu, chant polyphonique)