Labo Mobile Poison – l’année 1961

Avec « Laboratoire Poison », Adeline Rosenstein a ouvert un chantier d’observation de trajets politiques empoisonnés et empoisonnants, pris entre stratégie, ruse et trahison. On y suit des résistants antifascistes en Belgique occupée, ces mêmes antifascistes exilés aux colonies, des résistants portugais à la dictature de Salazar. Jalonnant cette recherche, les Labos Mobiles porteront ici sur l’année 1961 : l’Empire Portugais, qui couve ses colonies sous le dogme de la nation multicontinentale et multiraciale, fait face aux premiers mouvements de libération nationale en Angola.

Adeline Rosenstein

Le rapport de force est entièrement en ma défaveur, gens de théâtre. Aujourd’hui, la survie dans le système de l’art est déjà considérée en soi par certains comme de la résistance. Parmi les personnes les plus réfractaires autour de moi, les plus radicalement individualistes, artistiquement irrécupérables, celles qui ne se laisseraient normalement jamais embrigader ni corrompre par des ennemis politiques, la plupart ont appris à se débrouiller, ruser et minauder en société. Moi-même, il semblerait que je me sois momentanément mise à l’abri de la galère totale des dernières années. (Je ne suis pas sûre que cela dure mais momentanément une institution bruxelloise soutient mon projet). Placée dans une position de grande tolérance structurelle avec un système que je réprouve, je suis devenue d’autant plus intolérante vis-à-vis de groupes ou d’artistes qui à travers le théâtre documentaire s’auto-congratulent de ne pas se laisser faire, alors qu’ils ne font que passer du temps fictionnel en compagnie de gens très courageux déjà morts, pour ne plus avoir besoin de vivre plus courageusement eux-mêmes, se vautrer dans les très graves blessures des autres « je ne suis bien au chaud que dans le sang » pour n’en soigner aucune « je ne suis pas là pour ça » et énumérer des ressemblances entre passé et présent juste pour échapper au présent. Mon travail cherche par tous les moyens à échapper à ces tendances qui caractérisent sûrement ma propre pratique d’avant, devenue insatisfaisante.

Adeline Rosenstein

un volet de recherche conduit dans le cadre de « Laboratoire Poison »
avec : Marie Devroux, Marie Alié, Anna Raisson, Rémi Faure, Thomas Durcudoy, Adeline Rosenstein
espace : Yvonne Harder
lumières : Arie van Égmond
création sonore : Andrea Neumann et Brice Agnès

production : Halles de Schaerbeek et Théâtre Dijon Bourgogne — CDN
production déléguée : Halles de Schaerbeek
en coproduction avec : La Coop asbl et Shelter Prod ; Festival de Marseille ; Théâtre Océan Nord (Bruxelles) ; Les Laboratoires d’Aubervilliers ; La Balsamine (Bruxelles) ; Théâtre des 13 vents CDN Montpellier ; Little Big Horn (Bruxelles)
avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles — Service du Théâtre et Service de la Promotion des lettres et de la Cocof
avec le soutien de : taxshelter.be ; d’ING ; du tax-shelter du Gouvernement fédéral belge