Discussion avec Nathalie Garraud

Discussion avec Nathalie Garraud

En lien avec les représentations d’Institut Ophélie, discussion avec Nathalie Garraud sur la représentation des femmes dans la création contemporaine.
Avec Jeanne Etelain et Corine Girieud.

le jeudi 30 nov à 19 h, les Jeudis MO.CO. Panacée ANNULÉ 

auditorium du MO.CO. Panacée, ouvert à tou.te.s, entrée libre
en partenariat avec MO.CO. Montpellier Contemporain

 

Nathalie Garraud, co-directrice du Théâtre des 13 vents, invitée par les Jeudis du MOCO, sera en discussion avec Jeanne Etelain, philosophe, et Corine Girieud, historienne de l’art. Ensemble elles exploreront la représentation des femmes à travers les prismes de la création artistique, de l’histoire de l’art et de la philosophie avec pour point de départ la dernière œuvre de Nathalie Garraud et Olivier Saccomano, intitulée Institut Ophélie.« Institut Ophélie » plonge dans les méandres de la représentation des femmes en s’inspirant de la figure tragique d’Ophélie. Cette pièce explore la vie psychique d’une femme en représentation, hantée par les multiples incarnations de la représentation féminine au cours des siècles. À la fois objet et sujet de la représentation, elle donne sur scène naissance à des tableaux vivants peuplés de fantômes issus de notre imaginaire collectif. Au cœur de cette création se déroule une lutte acharnée avec les images, suscitant une réflexion profonde sur la nature même de la représentation et les pouvoirs qui la façonnent. Comment les femmes ont-elles été représentées à travers les siècles ? Comment la création artistique peut-elle être un moyen de déconstruire et de reconstruire ces représentations ? Quel rôle joue l’histoire de l’art et la philosophie dans la manière dont nous percevons et interprétons ces représentations ? Chaque intervenante apportera son expertise pour explorer ces questions et bien d’autres encore.

 

Nathalie Garraud est née en 1977. Après une formation d’actrice, elle crée la compagnie du Zieu en 1998 à Paris. Il s’agit d’abord d’un espace d’expérimentation sur les écritures contemporaines où se croisent de jeunes auteurs, des acteurs, des architectes, notamment dans le cadre d’un festival qu’elle crée à l’École Spéciale d’Architecture : « Vues d’Ici – scénographie d’un lieu » (1999-2001). Entre 2003 et 2005, elle travaille régulièrement dans les camps de réfugiés palestiniens du Liban, où elle crée notamment Les Enfants d’Edward Bond. Après cette expérience marquante, elle crée en France Les Européens d’Howard Barker, mise en scène qui signe la structuration professionnelle de la compagnie en 2005. En 2006, elle rencontre Olivier Saccomano, avec qui elle codirigera désormais la compagnie. Ils conçoivent ensemble des cycles de création, dont elle signe les mises en scène : Ismène d’après Eschyle et Sophocle, Ursule d’Howard Barker et Victoria de Félix Jousserand (cycle Les Suppliantes), Les Études et Notre jeunesse d’Olivier Saccomano (cycle « C’est bien c’est mal »), L’Avantage du printemps, Othello, variation pour trois acteurs et Soudain la nuit d’Olivier Saccomano (cycle « Spectres de l’Europe »), pièces présentées au Festival d’Avignon en 2014 et 2015. Othello, variation pour trois acteurs poursuivra sa tournée jusqu’en 2019, notamment dans le cadre du dispositif « Itinérance » du Théâtre des 13 vents. Fin 2017, Nathalie Garraud et Olivier Saccomano débutent un  nouveau cycle qui conduira à la création de La Beauté du geste le 3 octobre 2019.
En 2021, ils créent dans le cadre du Printemps de Comédiens Un Hamlet de moins première pièce d’un diptyque qui amènera à la création de la pièce Institut Ophélie.

 

Jeanne Etelain est titulaire d’un doctorat de la New York University et de l’Université Paris Nanterre. Elle est actuellement professeure d’esthétique, de philosophie et de théories contemporaines à l’École des Beaux-Arts de Montpellier. Ses travaux principaux portent sur la philosophie de l’espace, de la Terre et de la géographie dans le contexte de la crise écologique, et ont été publié dans des ouvrages collectifs et des revues renommées comme Les Temps modernes et Critique. En tant que chercheuse associée au laboratoire HAR (Histoire des Arts et des Représentations), elle explore les contours d’une métaphysique inclusive, en se penchant sur ce que les femmes font au discours philosophique. Parallèlement, elle mène des activités d’édition et de traduction. 

 

Corine Girieud est titulaire d’un doctorat de l’Université Paris IV Sorbonne. Elle est actuellement professeure d’histoire de l’art à l’École des Beaux-Arts de Montpellier. Ses travaux principaux portent sur les revues d’art des années 50 (Art d’aujourd’hui et Cimaise) et les liens qu’elles permettent de tisser entre l’art et le public, mais également sur les causes de l’invisibilité des artistes femmes dans l’histoire de l’art. Elle a collaboré à des catalogues d’expositions, à la revue scientifique La Revue des revues ainsi qu’au dictionnaire du Bénézit (éditions Gründ). Parallèlement à ses activités en histoire de l’art, elle exerce la critique et mène des projets d’expositions et d’éditions.