Notre Danse

Quelle danse emporterions-nous sur une île déserte ? Oui, la question est belle et absurde : la danse n’est pas une chose, et nous amènerions sur l’île, avec nous-mêmes, toutes nos danses possibles. Mais faisons le bel effort d’être absurde. Si, justement, la danse n’était pour nous qu’une chose et une seule ? S’il n’y avait qu’une seule danse à emporter ? Laquelle choisir ou inventer ? Laquelle avouer ou raconter ? En suivant ce fil, on remonte peut-être à l’essence de la danse. À son efficacité archaïque ou magique, celle qui appelle un événement et convoque une présence.

Mylène Benoit

Que peut le corps ? Que peut le monde dans les corps ? Pourquoi risque-t-on son corps sur un plateau ? Et pour quoi danse-t-on ? Comment produire des actes dansés qui donnent à percevoir l’imagination, la peur, le fantasme, la mémoire : l’exercice de la pensée mêlé à celui du corps ?
Je suis artiste plasticienne de formation, et ce sont sans aucun doute des raisons politiques qui m’ont amenée à fonder en 2004 une compagnie de danse, Contour Progressif. J’avais jusque-là beaucoup travaillé l’image et j’avais besoin de faire le « poisson volant », de considérer les techniques contemporaines de représentation depuis un autre médium. J’étais inquiète de la prolifération des images et de la façon dont elles nous « chorégraphient ». Je crois en effet qu’il n’y a pas de corps pur, pas de corps « propre », mais au contraire un corps poreux, un corps de rapports et de relations. Mes créations chorégraphiques sont une façon d’émettre des hypothèses ; et de partager, avec les spectateurs, mon souci du corps. La danse comme un accord tacite pour penser le monde et produire un geste collectif, un acte collectif.

conception et chorégraphie : Mylène Benoit
collaboration artistique et assistanat : Magda Kachouche
collaboration artistique et interprétation
Julien Andujar, Maeva Cunci, Alexandre Da Silva, Célia Gondol, Nina Santes
musique : Nicolas Devos et Pénélope Michel (puce moment / cercueil)
création lumière : Mylène Benoit et Abigail Fowler
regard extérieur, conseil à la dramaturgie : Mathieu Bouvier
costumes : Léa Drouault
coaching vocal : Mathieu Jedrazac, Madeleine Saur,
Jean-Baptiste Veyret-Logerias
programmation informatique : Antoine Villeret

production : Contour Progressif • coproduction : Le Vivat, Scène conventionnée d’Armentières ; Le Phénix, Scène nationale de Valenciennes ; Réseau Open Latitudes ; Buda kunstencentrum (Courtrai, BE) ; Le Gymnase CDC de Roubaix ; Centre Chorégraphique National de Tours ; Centre de développement chorégraphique Le Pacifique ; le CCN de Belfort (accueil en résidence) ; le CND (mise à disposition de studios) • avec le soutien de : l’Adami et la Spedidam • avec l’aide du Ministère de la Culture / DRAC Nord-Pas de Calais