l’Ensemble Associé

L'ensemble associé

La constitution d’un ensemble associé repose sur notre désir de partager avec d’autres l’outil de production et de création qu’est le Centre Dramatique, mais aussi d’engager un dialogue au long cours avec des artistes et des chercheurs sur le projet du Centre Dramatique, à partir de gestes et d’expériences venant d’autres lieux et d’autres pratiques.

L’Ensemble Associé réunit trois femmes et trois hommes, artistes et chercheurs, français et étrangers :

Marie Lamachère

metteure en scène (Montpellier)

Fin 90, avec des comparses, j’imagine réinventer le théâtre universitaire, et de « Paul Va » à Nanterre, j’en interroge les vestiges auprès de G. Lieber, J. Bioulès, J. Jourdheuil… Je crée la compagnie //Interstices pour mettre en scène des textes d’auteurs vivants. Nous jouons dans des friches, dedans, dehors. J’apprends sur le tas : je travaille avec A. Béhar, C. Morel, M-J. Malis, j’expérimente avec K. Murobuchi, M. Tompkins, A. Buffard. Je rencontre trois acteurs, Michaël Hallouin, Laurélie Riffault, Damien Valero. Exit l’intermittence : nous décidons de nous réapproprier les temps collectifs de l’art théâtral : jeux d’expérimentations et recherches sans souci de production. Nous arpentons G. Büchner, S. Beckett, B. Brecht, en questionnant l’art de l’acteur, le langage, la fonction sociale du théâtre. Les livres de Charles Fourier arrivent sur la table. Ses rêves « d’harmonie sociale » sont stimulants : voici maintenant quatre ans que j’enquête avec les acteurs et l’autrice Barbara Métais-Chastanier sur les Utopies — ici, là, plus loin. C’est quoi ce LIEU (-topos) idéal et bon (eu-) et qui n’existerait pas (-u) ?

www.compagnie-interstices.com / Tél: 06 70 04 02 21 / cie.interstices@gmail.com

Dieudonné Niangouna

auteur, acteur, metteur en scène (Paris)

Demandez-moi si je vis.
Si je ne vis pas,
Je vous dirais : je ne sais pas.
Je marche en fermant les poings
Pour ne pas tomber.
Je marche la tête courbée
Pour ne pas me laisser écraser par l’orgueil des choses.
Quand on n’est pas mûr,
Il ne faut pas regarder la cruauté en face.
Quand tu vois passer la beauté,
Baisse ta tête, c’est la guerre
Qui n’est plus loin.
Je marche pour m’empêcher de penser
Je marche en pensant pour m’empêcher
De hurler à la vitesse de la terreur autour de moi.
Je ne préfère ni la mort, ni la vie
Je vous parle de moi
Du bruit autour de moi,
De ce désordre qu’on appelle vie
Que j’entends tous les jours.
Je marche.
Je fais la vie à ma peine.
Je ne sais pas où vont les chemins.
Moi j’invente ceux qui acceptent le bruit de mes pas.
Et je ne sais plus ce que c’est que les autres.
Qui va vers la vie ?
Je ne sais qui en sort.
Un mort est un vrai vivant dur à tuer.
Un vivant est un mort de pacotille.
Je fais en me toquant sur la poitrine :
« Qui vit là ? »

Le Grand Gardon Blanc / 09 51 15 99 58 / legrandgardonblanc@yahoo.fr

Omar Abi Azar

auteur, metteur en scène, Zoukak Theater Company (Beyrouth)

Depuis la création de notre collectif en 2006, nous nous efforçons de nous réinventer continuellement, dans un contexte sans cesse mouvant. Nous nous sommes donné la tache de focaliser notre travail sur les fissures et les fractures de la société, non pour les réparer mais au contraire pour les souligner, les encadrer, les comparer par le biais du théâtre. Par le travail de création que nous menons dans notre studio en plein centre de Beyrouth, avec notre public ou avec les diverses communautés moins visibles de nos sociétés, nous croyons que c’est dans les brèches de l’Histoire, à travers le théâtre et collectivement, que le monde se réfléchit, se transforme.

zoukak.org

Mylène Benoit

chercheuse, plasticienne, chorégraphe (Lille)

Que peut le corps ? Que peut le monde dans les corps ? Pourquoi risque-t-on son corps sur un plateau ? Et pour quoi danse-t-on ? Comment produire des actes dansés qui donnent à percevoir l’imagination, la peur, le fantasme, la mémoire : l’exercice de la pensée mêlé à celui du corps ?
Je suis artiste plasticienne de formation, et ce sont sans aucun doute des raisons politiques qui m’ont amenée à fonder en 2004 une compagnie de danse, Contour Progressif. J’avais jusque-là beaucoup travaillé l’image et j’avais besoin de faire le « poisson volant », de considérer les techniques contemporaines de représentation depuis un autre médium. J’étais inquiète de la prolifération des images et de la façon dont elles nous « chorégraphient ». Je crois en effet qu’il n’y a pas de corps pur, pas de corps « propre », mais au contraire un corps poreux, un corps de rapports et de relations. Mes créations chorégraphiques sont une façon d’émettre des hypothèses ; et de partager, avec les spectateurs, mon souci du corps. La danse comme un accord tacite pour penser le monde et produire un geste collectif, un acte collectif.

www.contour-progressif.net / +33 (0) ‭683 20 99 56 / production@contour-progressif.net

Emma Dante

autrice, metteure en scène (Palerme)

Emma Dante grandit à Catane avant de retrouver sa ville natale Palerme à la fin de ses études secondaires. Pendant un an, elle suit les cours de Michele Perriera, un théoricien du mouvement littéraire Gruppo 63 qualifié de néo-avant-gardiste. En 1987, elle se forme à l’Académie nationale d’Art dramatique de Rome et cinq ans plus tard, elle rejoint la troupe du Gruppo della Rocca à Turin. Après avoir gravi l’Italie par le Nord, elle retourne en Sicile à la fin des années 90 et y fonde son actuelle compagnie, Sud Costa Occidentale, installée depuis quinze ans dans une cave rebaptisée La Vicaria, du nom d’une ancienne prison où se déroulait les procès de femmes accusées de sorcellerie. C’est là qu’elle élabore ses propres textes joués par ses fidèles acteurs dans toute l’Europe. Comédienne, dramaturge, metteuse en scène de théâtre et d’opéra, auteure et réalisatrice, Emma Dante voit le théâtre comme un moyen de « révéler les malaises et les problèmes que les gens ont tendance à refouler. » Le corps est une dimension centrale de son esthétique de la transformation fortement marquée par l’insularité.
source : Festival d’Avignon 2017

www.emmadante.com

Olivier Neveux

chercheur, historien de l’art (Lyon)

Olivier Neveux est professeur d’histoire et d’esthétique du théâtre à l’ENS de Lyon et membre de l’Unité mixte de recherche 5317 (IHRIM). Il est notamment l’auteur de Politiques du spectateur : les enjeux du théâtre politique aujourd’hui (2013) et de Contre le théâtre politique (2019)