Othello, variation pour trois acteurs

C’est une pièce très étrange. La vieille école la présente régulièrement comme le drame de la jalousie, comme s’il s’agissait d’une pathologie personnelle d’Othello, son pousse-au-crime. Mais dans la pièce, la jalousie est générale, c’est pratiquement une règle de conduite. Et que font les jaloux ? Ils spéculent, ils spéculent, ils spéculent. Ils guettent des signes, à partir de quoi ils accordent ou refusent du crédit à ce qu’on leur raconte. Le génie de Shakespeare est d’avoir fait une pièce sur Venise, symbole d’un nouveau fonctionnement politique, celui d’une République de marchands, qui invente le crédit et le ghetto, combine un impérialisme militaire classique avec un art nouveau de gouverner par l’opinion, le tout en partant d’une histoire de cocu imaginaire : Othello, l’Arabe de Venise… Quant à notre variation, elle est ce qu’entendent les musiciens par ce mot : le thème de la pièce de Shakespeare est repris, mais les modifications qui l’entourent (mélodiques, rythmiques, harmoniques) lui arrachent un autre son.

Se mettre à l’étude (ou à l’épreuve) de l’Othello de Shakespeare, c’était chercher la bonne distance pour arracher à la tradition des braises pas forcément actuelles, mais actives.

conception : Nathalie Garraud et Olivier Saccomano d’après William Shakespeare
mise en scène : Nathalie Garraud
texte : Olivier Saccomano
jeu : Mitsou Doudeau, Cédric Michel, Conchita Paz ou Charly Totterwitz
scénographie : Jeff Garraud
costumes : Sarah Leterrier, assistée de Sabrina Noiraux
lumières : Guillaume Tesson
assistanat à la mise en scène : Florian Onnein
le texte de la pièce est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs

production déléguée : Théâtre des 13 vents CDN Montpellier
coproduction : le Théâtre du Beauvaisis – Scène nationale, le Safran – Scène conventionnée d’Amiens

durée 1h25

Ce qui gronde

d’Enzo Cormann, mise en scène Nathalie Garraud

Ce qui gronde est un monologue d’Enzo Cormann, mis en scène par Nathalie Garraud, dans le cadre d’un projet intitulé « Le Théâtre c’est (dans ta) classe » aux Scènes du Jura – Scène nationale, en janvier 2018.

La pièce met en scène une adolescente isolée, dans un pays en guerre. Fuyant les bombardements, la jeune fille trouve refuge dans son ancienne salle de classe, au cœur d’une école abandonnée. Ce qui gronde met en place un jeu d’analogie et de différenciation : la salle de classe où se trouve cette jeune fille (dans la fiction) est aussi la salle de classe où se trouvent les élèves (au présent de la représentation).

Ce jeu de miroir permet d’engager les jeunes gens dans une réflexion sur leur propre situation, les questions qu’ils partagent et celles qui les séparent d’autres adolescents, le courage qu’il leur faut pour affronter le présent ou imaginer l’avenir, où qu’ils se trouvent sur la planète.

texte : Enzo Cormann
mise en scène : Nathalie Garraud
assistanat à la mise en scène : Conchita Paz
jeu : Chloé Sarrat ou Léonie Kerkaert (en alternance)

production : Les Scènes du Jura, Scène nationale
production déléguée : Théâtre des 13 vents CDN Montpellier